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Publié : 24 janvier 2007

Album et Débat d’idées

LITTERATURE ALBUM ET DEBAT D’IDEES CYCLE 3

Enseigner aujourd’hui

N. Miri et A. Rabany
Bordas

La littérature de jeunesse, support au questionnement des jeunes

La production littéraire aujourd’hui

. tient compte de nouveaux paramètres
. S’inscrit dans une écriture à deux niveaux

- celui qui peut être perçu par l’enfant
- celui qui séduit l’adulte

certains albums développent des thèmes d’adulte

. tient compte de l’évolution des comportements des adultes envers les
enfants, des ouvertures sur des sujets : l’amour, la mort, la famille, la misère, l’injustice
les parents peuvent trouver un livre médiateur prétexte à discussion pour traduire un événement de la vie.
Pour Christian Bruel la véritable vocation d’un livre est « de créer un supplément de temps et d’espace dans lequel l’enfant peut s’épanouir »
il est important de rappeler le plaisir qu’apportent les livres

Du côté des IO, quoi de nouveau ?

. les IO redonnent à l’enseignant la responsabilité de la littérature
il revient aux enseignants du primaire de faire des élèves des enfants « cultivés » en littérature
les enseignants se voient chargés de l’approche culturelle

. extraits des IO de 2002
« dans le cadre des programmes les enseignants devront consacrer aux activités de lecture et d’écriture :
deux heures trente par jour au cycle 2
deux heures par jour au cycle 3
Au-delà de cette obligation de faire lire régulièrement les élèves, c’est une imprégnation culturelle qui est visée. Ainsi, pour que les enfants s’imprègnent de la riche culture qui s’est constituée et continue de se développer dans la littérature de jeunesse, qu’il s’agisse de ces « classiques » sans cesse réédités ou de la production vivante de notre temps, il faut qu’ils lisent et lisent encore. De ces lectures communes peuvent se développer dans l’école des débats sur les grands problèmes abordés par les écrivains, comme sur l’émotion tant esthétique que morale qu’ils offrent à leurs lecteurs. C’est sur la base des mêmes lectures que les enfants découvrent le plaisir de dire les textes qui les ont marqués ou de prolonger dans des tentatives d’écriture le plaisir qu’ils ont eu à les fréquenter »
Extrait du BO n° 1 du 1er février 2002, hors série cycle 3

. Objectifs :
« Le programme de littérature du cycle 3 vise à donner à chaque élève
- un répertoire de référence
- une culture susceptible d’être partagée

Ces rencontres avec les œuvres passent par des lectures à haute voix (maître ou élèves) comme par des lectures silencieuses.
Elles permettent d’affermir la compréhension de textes complexes sans pour autant s’enfermer dans des explications formelles.
Elles se poursuivent par des échanges et des débats sur les interrogations suscitées et donnent par là l’occasion d’éprouver les libertés et les contraintes de toute interprétation ».

De la littérature de jeunesse à la littérature

. Qu’est-ce que la littérature ?
mot utilisé par Cicéron emprunté au latin « littératura » qui désigne dans un premier temps l’ensemble des caractères de l’alphabet et de la grammaire

- au moyen - âge : évolution du sens pour désigner les « ouvrages de l’esprit »
- au XVIIe : terme qui recouvre le sens du mot « culture » : un homme lettré est un homme cultivé
- aujourd’hui : la littérature désigne l’ensemble des œuvres écrites ou orales auxquelles on reconnaît une finalité esthétique

Avec une définition aussi partiale, il est difficile de tenir compte des œuvres comme les magazines, les journaux, les BD

. certains écrivains voient dans la littérature un écho à leur quotidien, un moyen d’écrire leur vie, d’autres se font porte-parole de groupes d’idées:tous proposent à leur lecteur une image du monde.
A travers la lecture des ouvrages ils conduisent les enfants à se construire une image de ce monde.
Il est donc important de proposer des visions multiples pour que chacun, en fonction de sa personnalité, se fabrique son « extérieur » pour mieux y vivre.

. Aucun thème n’est ignoré, seule la forme du discours change, parfois il s’accompagne d’illustrations, il joue sur des métaphores pour faire accéder les élèves au sens mais il s’agit toujours du même monde.
Faut-il alors faire une distinction entre littérature de jeunesse et littérature ?

.Vers des débats philosophiques à l’école

. Pourquoi ne pas prendre appui sur les livres pour « penser » le monde, apprendre à la « formuler » dès le plus jeune âge ?
Il ne s’agit pas d’enseigner la philosophie mais :

. de provoquer chez les jeunes des espaces d’incertitude accompagnés:le propre du débat philosophique est de poser une question à laquelle on va tenter d’apporter une réponse, cette dernière amenant d’autres questionnements.
C’est donc moins la connaissance qu’il s’agit de faire acquérir que du « façonnage » d’un état d’esprit.

. de formuler des hypothèses et des arguments pendant le temps du débat, deux formes d’échanges langagiers dans lesquelles nos élèves éprouvent des difficultés et qui se retrouvent en sciences, géographie, grammaire, mathématiques.

. de répondre à leurs préoccupations dans de nombreux domaines

. de les familiariser avec des noms d’auteurs et un vocabulaire spécifique qui se veut élitiste

. la philosophie, qu’est-ce que c’est ?

. étymologie : origine grecque « philo » : j’aime / « sophia » : sagesse : à une question des réponses multiples amènent de nouvelles questions

. Kant : définition de la philosophie à partir de trois questions :
- Que puis-je connaître ?
- Que dois-je connaître ?
- Que m’est-il permis d’espérer ?

. il est important et nécessaire d’entraîner nos élèves à cette « gymnastique » de l’esprit car une partie de la mission de l’enseignant de primaire repose sur le développement de compétences intellectuelles transposables : logique, raisonnement, déduction

. de quels moyens dispose-t-on pour « plonger nos enfants en philosophie » ?
- le débat
- le consensus
- les résolutions de problématiques

LE DEBAT

. objectifs :
- fournir un ou des arguments
- écouter les arguments des autres
- fournir un ou des contre- arguments en trouvant des objections aux arguments apportés
- identifier un ou des arguments émis et les personnes qui les ont verbalisés

. les attitudes attendues lors d’un débat :
- parler suffisamment fort, attendre son tour de parole
- utiliser la conjonction « parce que » plutôt que « à cause de »
- employer correctement les temps des verbes

. les critères d’évaluation :
ils sont en fonction des objectifs retenus au départ, l’évaluation peut être prise en charge par des élèves à partir d’une série de questions

- A-t-il réussi à persuader quelqu’un ou même tout le groupe ?
- A-t-il pu fournir au moins un ou deux arguments ?
- A-t-il su écouter les arguments des autres et répondre au moins à l’un d’entre eux ?
- A-t-il pu pendant le débat résumer l’intervention d’un participant avant d’apporter un contre argument ?
- A-t-il été constant dans son utilisation de la locution conjonctive « parce que » ?
- A-t-il pu parler suffisamment fort pour se faire entendre et écouter ?
- A-t-il été capable d’attendre son tour de parole et de ne pas interrompre les autres ?

. les formes de débat :

- écouter les échanges libres des élèves qui peuvent faire ressortir des thèmes, choisir un sujet proche de la réalité des élèves pour provoquer des débats vivants contenant de nombreuses opinions
- présenter un sujet défini
- utiliser un livre comme déclencheur
- placer les élèves en deux camps selon qu’ils répondent oui ou non à une question de départ (Cette situation favorise une meilleure compréhension de ce qu’est un débat)

.Si au cours du débat des élèves changent d’avis, ils peuvent changer de camp en expliquant ce qui les a fait changer et pourquoi

.L’enseignant s’est préparé en cherchant lui aussi des arguments et des contre arguments afin de relancer le débat

. phase d’objectivation :

L’enseignant identifie avec les élèves les principaux arguments utilisés lors du débat

Les noter au tableau à ’aide de mots- clés

Voir avec les élèves ceux qui sont les plus convaincants et pourquoi

Procéder à un classement des arguments : partir de ceux qui peuvent être le plus facilement démontrés jusqu’aux plus faibles qui ne ressemblent qu’à des déclarations

LE CONSENSUS

. objectifs :

- tous les objectifs du débat conviennent au consensus
- objectifs à ajouter
- savoir concilier différents points de vue
- être capable d’assouplir sa propre position
- savoir redire autrement nuancer les points de vue afin d’arriver au consensus
- utiliser à bon escient la locution conjonctive « bien que »

. les critères d’évaluation :

- A-t-il semblé comprendre ce qu’est la recherche d’un consensus ?
- A-t-il contribué à l’atteinte de ce consensus ?
- A-t-il pu expliquer son opinion ?
- A-t-il pu établir les liens, faire des rapprochements entre des points de vue différents ?
- A-t-il été capable d’assouvir ou de nuancer sa propre opinion ?
- S’est-il montré soucieux de rallier les autres membres de l’équipe ?
- A-t-il utilisé à bon escient et de manière constante les mots- liens nécessaires à la négociation tels que « bien que, donc, mais, malgré que, sauf que, par contre, au moins.... »

Jeu exemple d’apprentissage du consensus

.Matériel :

- deux séries d’images identiques
- 1ere série : images entières
- 2e série:découper dans chaque illustration un carré de 5cm de côté qui ne soit pas trop révélateur de l’image entière

coller les images et leurs extraits sur des feuilles numérotées de façon à faire correspondre ceux des parties et ceux de l’illustration complète
placer chaque série dans une enveloppe

. Déroulement :

- choisir un ou deux objectifs parmi ceux cités
suivant le groupe classe : fonctionner soit en atelier soit en classe entière
distribuer l’enveloppe contenant les feuilles sur lesquelles sont collés les extraits d’illustration

les élèves se passent tour à tour le matériel et écrivent sur une feuille le n° de la feuille reçue et ce qu’ils croient être représenté par l’extrait
lorsque l’ensemble de l’équipe a vu tout le matériel, l’ensemble des participants reprend les feuilles et comparent leurs opinions
ils expliquent leur point de vue et tentent d’arriver à un consensus d’équipe sur chacun des extraits d’illustration
lorsque la tâche est terminée, ils demandent l’enveloppe contenant les illustrations complètes, ils les comparent avec les réponses trouvées

. Objectivation :

points d’objectivation identifiés :

- Quelle était l’opinion de départ ?
- Qui a accepté de changer d’opinion ?
- Quelles sont les nuances apportées à ce point de vue pour qu’il soit modifié ?
- Qui n’a pas changé d’opinion ?
- Quels arguments ont été apportés pour faire changer d’avis ?

LES RESOLUTIONS DE PROBLEMATIQUES

. Matériel :

histoire du genre policier rapide à lire ou à raconter
si l’histoire est plus longue, accorder aux élèves plus de temps pour la lire

. Déroulement :

lire ou raconter une histoire, s’arrêter avant la fin
après lecture ou écoute de l’histoire les élèves groupés en équipe comparent leurs notes
ils émettent des hypothèses pour identifier le coupable
ils discutent entre eux pour prouver la véracité d’une ou de plusieurs hypothèses en s’aidant des notes
ce travail terminé, les différentes équipes comparent leurs solutions et tentent de démontrer le fondement de leurs hypothèses
l’enseignant révèle ensuite la solution de l’histoire

. Rôle de l’enseignant :

- aide à identifier les éléments de l’histoire sur lesquels se fond la solution
- aide les élèves à comparer leurs solutions à celle de l’auteur
- aide à évaluer la pertinence des éléments retenus par les équipes et la qualité de la démonstration des hypothèses

. Critères d’évaluation :

- A-t-il été capable d’identifier des indices pour résoudre le problème ?
- A-t-il su formuler son hypothèse en utilisant certains indices retenus ?
- A-t-il su démontrer la validité de son hypothèse ?
- A-t-il pu modifier son hypothèse compte tenu des explications ou des précisions des autres membres de l’équipe ?
- A-t-il su utiliser : « donc, par conséquent »

Du conte à l’album, des espaces de débat

. Les jeunes, de l’opinion aux valeurs

Les jeunes ont des valeurs par lesquelles ils expriment leur spécificité. Ces valeurs de justice, liberté, paix, respect d’autrui, tolérance préoccupent les jeunes, cela justifie l’intérêt de proposer des espaces de débat pour les élèves de cycle 3.

. Le conte est un récit bref dont l’action toujours relatée au passé, se déroule dans un univers imaginaire, joue sur les contrastes et met en opposition les bons/ les méchants,
le bien/le mal

la structure :

. simple, mode linéaire

. enchaînements et nombreuses péripéties

. l’histoire est bousculée par un événement perturbateur qui provoque un déséquilibre

. la suite du récit contribuera à retrouver cet équilibre perdu à travers de nombreuses aventures

. le conte a une valeur « pédagogique » puisque le héros tire les enseignements de ses aventures.

la langue :

. codifiée et reconnaissable à travers des formules et des formulettes qui ouvrent et ponctuent le conte

la symbolique :

. le conte est porteur d’une symbolique forte, la brièveté de l’histoire la rend percutante et efficace
. le conte renferme d’autres messages cachés conduisant à des lectures à plusieurs niveaux

. Le conte philosophique : des initiateurs

Le maître et initiateur de ce genre littéraire fut Voltaire avec le premier conte philosophique « Zadig »
Voltaire introduit dans ses textes des événements réels, des faits historiques, des digressions pour permettre à un personnage de parler, de s’affirmer et de défendre des idées.
Le ton emprunté par l’auteur, l’utilisation de l’ironie contraste avec la précarité des événements : il introduit de la distance et en accentue l’effet.
D’autres auteurs comme Montesquieu « lettres persanes » et Diderot « Jacques le fataliste » se sont essayés au conte philosophique.

. L’album et le questionnement philosophique

Les romans pour les jeunes proposent des réflexions existentielles

. objectifs principaux :

affirmer que ce support littéraire n’est pas trop facile ni trop léger
prendre appui sur cette littérature pour faire un pont entre le livre et le débat d’idées
L’album allie une écriture sensible à une scénographie iconographique particulière qui permet de restituer des moments d’émotion.

. Découvrir les albums au cycle 3 c’est :

- découvrir un pan de la littérature
- découvrir la notion de genre littéraire à travers l’analyse des points communs et des points de divergence des albums
- découvrir et aborder la notion de style par l’observation des choix opérés par tel ou tel auteurs, de la langue utilisée, des sujets abordés
- découvrir le fonctionnement des images dans le rapport complexe qu’elles entretiennent avec le texte, dans les évocations artistiques auxquelles elles font référence
- étendre le champ culturel de la connaissance des auteurs contemporains en s’arrêtant sur certaines oeuvres
- découvrir les techniques d’illustrations

. Les albums présentent plusieurs niveaux de lecture lorsque l’on procède à une analyse plus pointue pour découvrir l’implicite.

Les enjeux de la lecture d’albums au cycle 3

.Proposer la lecture d’albums au cycle 3 c’est :

. Confronter les élèves à diverses formes de lecture pour développer des compétences de lecteurs variées :
inscrire sa lecture dans le temps et organiser son mode d’approche
s’inscrire dans un projet qu’il peut atteindre (en être partie prenante)
adapter sa stratégie de lecture au texte lu
apprendre à questionner le texte pour en dégager l’essentiel
par comparaison le mettre en réseau avec d’autres textes

. Conduire une analyse littéraire fine :

Les élèves doivent être capables de lire des textes longs, de restituer le récit à travers l’observation des éléments qui en constituent la cohérence :
la psychologie des héros, les liens qui les unissent, les événements qui les concernent, la langue de chacun l’espace- lieu et l’espace-temps

le choix énonciatif : qui parle ? qui est « je » ? de qui parle-t-on quand on emploie « elle » ?
Cette lecture guide vers une observation plus littéraire pour aborder l’implicite.

. Se constituer une culture :

- se constituer un patrimoine littéraire commun enrichi par des lectures intimes
- comprendre que la culture fonctionne en réseau et que des textes « s’appellent » entre eux
- être capable de défendre des prises de position, partager ses émotions
- être conduit à imaginer, connaître le monde, partager des valeurs universelles, réfléchir sur les autres et mener une réflexion sur soi- même

. les particularités de l’album :

il allie la découverte du texte à la lecture de l’image, il contribue les lecteurs à entretenir une relation liée à l’émotion esthétique
les images entretiennent avec le texte des relations qui peuvent être variées

. complément

. redondance

. référence culturelle

. jeu avec le lecteur

. lien d’une page à l’autre

Le livre présente ensuite des monographies d’auteurs ou d’éditeurs, des arrêts sur des oeuvres dont le choix s’est appuyé sur les différents critères cités.
Chaque sujet abordé propose un réseau ouvert à d’autres titres et d’autres auteurs.

. auteurs étudiés :
Elzbieta, Peter Sis, François Place, Wolf Erlbruch, Christian Bruel,Allen Say, Thierry Dedieu

. thèmes abordés :
le bonheur, civilisations et cultures, du « je » à l’identité, de l’identité à l’existence, la vie, la mort, vérités et croyances, juste/injuste, du beau à l’art

Condensé de lecture fait par Florence Breuneval, CPC, Gennevilliers

Documents joints

Album et debat d’idees,

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