Vous êtes ici : Accueil > PALM@IR & Prix Littéraire > 01.Le PRIX LITTERAIRE > Le Prix 2011 2012 > CM 2 > l’histoire de Clara > Vincent Cuvellier parle de « L’Histoire de Clara » sur son blog
Publié : 26 janvier 2012

Vincent Cuvellier parle de « L’Histoire de Clara » sur son blog

Vincent Cuvellier parle de « L’Histoire de Clara » sur son blogCa y est, ’l’histoire de Clara’ est sorti... ce livre était difficile à écrire, difficile à concevoir, je suis d’autant plus content. Ce bouquin est né d’un discours de Nicolas Sarkozy, ben oui, je sais, c’est bizarre, mais bon.Il y a deux ans, prenant tout le monde à contre pied, il proposait que chaque enfant scolarisé parraine un enfant juif mort pendant la seconde guerre mondiale. Aussitôt, chacun s’est prononcé... Simone Veil, rapidement s’est prononcé contre... de mon coté, j’ai réfléchi. Comment parler de la shoah aux enfants. Parce que pour moi, il faut en parler encore et encore, parce que, non, ce n’est pas un ’truc’ comme un autre, la shoah, ce n’est pas un événement qu’on peut banaliser. Oui, je pense que c’est un évènement dans l’histoire de l’humanité dans le sens où on n’a jamais été aussi loin dans l’inhumanité. Une sorte de folie collective. Et puis, ça me gonfle d’entendre encore des conneries là dessus, des gens qui nient, qui minimisent, qui banalisent , qui font des amalgames... moi, j’aimerais bien qu’on revienne aux faits, et aux personnes. Mais demander à des enfants de prendre en charge la mémoire d’un enfant mort ? à mon avis, c’est une démarche absolument pas naturelle (sinon, nous les adultes le ferions fréquemment...) et mortifère. Alors, dans ma recherche de réponse, s’est aussi ajouté une autre question : comment parler de la shoah aujourd’hui, alors que les derniers rescapés vont disparaître. Comment aussi en parler sans être juif ? Avec quelle légitimité. La réponse s’est imposée rapidement. Parler d’une petite fille sauvée. Dix personnes différentes, pas plus héroïques que d’autres, qui ont chacune à leur manière, sauvé ce bébé. Parce qu’en temps de guerre, bien sur, si il y a des fous, il y a aussi, forcément, ceux qui ne sont pas devenus fous.J’ai adoré écrire ça, notamment pour, essayer à chaque chapitre de me mettre dans la peau du personnage narrateur : la mère, une vieille, une bonne soeur, un paysan, un soldat allemand, un résistant, une sorcière, un juif caché, Mme Jaoui, et enfin une jeune fille rescapée d’Auschwitz...Là, j’ai pas pu tricher, j’ai du prendre mon sujet frontalement, à bras le corps, et utiliser ce que j’avais appris en écriture pour transmettre les émotions de manière la plus délicate possible. Parce que je crois que ces sujets demandent de la délicatesse, qu’on ne prenne pas les gamins en otage. Et aussi j’avais envie que ce livre soit toujours à taille humaine. Les illustrations sont aussi, à mon avis, très humaines et reflètent quelque chose à quoi je crois très fort : on peut parler de choses graves de manière légère.Et je pense aussi autre chose : On peut parler de tout aux enfants. Sur ce, gros bisous... et j’espère que ce livre (je l’avoue, qui compte pour moi) vous plaira.Vincent Cuvellier’L’histoire de Clara’Illustrations de Charles Dutertre.Editions Gallimard/giboulées

Documents joints