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Publié : 21 janvier 2006

La production de textes courts contre la difficulté en lecture

Compte rendu

" La production de textes courts pour prévenir les difficultés dans l’apprentissage de la lecture et/ou y remédier " A. Ouzoulias,
" Comprendre et aider les enfants en difficulté scolaire " RETZ

Constats

L’écrit des textes, même courts, constitue pour les élèves les moins expérimentés en lecture une appropriation accélérée de notre système d’écriture
. ces situations d’écriture ont donc un rôle important dans l’apprentissage de la lecture car dans la tâche d’écriture l’élève mobilise son attention en permanence sur le texte ceci est différent par rapport à la lecture car certains élèves ne sont pas mobilisés tout au long d’une tâche de lecture

L’écriture des textes éclaire l’activité de lecture et favorise la formation du comportement de lecteur

écrire un texte :

- installe l’apprenti au départ de la boucle de communication en position d’émetteur
- éclaire la position de récepteur et le chemin que celui- ci doit parcourir dans l’autre sens (lire ce qui a été écrit)
- l’élève doit naviguer entre les microstructures (les plus petites unités, mots, lettres) et la macrostructure (le sens global)
- cet exercice mental est en liaison avec ce que demande la lecture ( niveau débutant) car pour bien lire le lecteur débutant décode une syllabe , une autre , puis associe et écoute l’ensemble pour reconnaître ce mot et l’associer à d’autres qui vont former une unité de sens

. en situation de lecture le débutant peut se laisser aveugler par le local (l’illustration, le mot, la syllabe, le graphème, la lettre...) ce risque est minimisé en situation d’écriture

- en relisant ce qu’il écrit, l’élève construit avant de savoir lire, le schéma de la lecture orale car il connaît ce qu’il a écrit

Ecrire des textes aide :

- à comprendre que l’écriture note le langage
- à construire la notion de mot

. référence à Emilia Ferreiro :

- le jeune enfant ne sait pas d’emblée que l’écriture note le langage : il a une conception pictographique de l’écriture
- les enfants savent différencier dessin et écriture mais ils pensent que ce sont deux alternatives pou représenter le monde

Ex : pour représenter ma maman je peux la dessiner ou écrire " maman "

- pour un jeune enfant écrire un nom ce n’est pas forcément représenter la parole

L’écriture est la source de notions comme celle de " début d’un mot écrit "

- En lecture les mots sont d’abord perçus sur le modèle des images comme des unités perceptives non orientées
- c’est la main du jeune écriveur qui structure le regard du jeune lecteur pour l’aider :
- à percevoir l’ordre dans lequel se succèdent les lettres qui composent un mot
- à percevoir les syllabes
- les mots écrits apparaissent comme des stimuli visuels orientés qu’il faut traiter de gauche à droite

L’écriture conduit naturellement à l’épellation et favorise l’observation des premières régularités

- l’épellation constitue un instrument de base dans le montage de plusieurs compétences :
- un traitement analytique du mot qui dépasse la perception globale
- l’épellation permet de considérer comme identiques des écritures différentes sur le plan visuel : ex Train/ train/ TRAIN/ train
- la mémorisation : l’élève qui épelle peut s’appuyer sur l’analyse lettre à lettre et sur le souvenir du nom des lettres, il a ainsi une description du mot en constituants alphabétiques
- des comparaisons de mots proches en lecture

L’écriture de textes favorise la mémorisation de mots de très haute fréquence

- l’ écriture de textes aide l’élève à mémoriser des mots tels que " avec, au, dans, la, qui... " : mots dépourvus de charge sémantique qui constituent la plus grande partie des mots de tous les textes
- ces mots seront mémorisés avant même l’accès au décodage par simple répétition de la suite des lettres qui les compose

L’écriture des textes consolide la mémoire des apprentissages

- quand l’élève écrit, il met en place son projet, il écrit son texte : tous les problèmes qu’il a dû résoudre pour y arriver laissent une trace durable
- faire écrire les élèves les moins performants permet de les mettre face à une expérience de l’écrit comparable à celle des élèves qui ont une expérience familiale de l’écrit

Florence Breuneval, CPC, Gennevilliers

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