Publié : 19 janvier 2012

La selection CM2

Sélection 2011/2012 PLE CM2

  • « L’histoire de Clara »Vincent Cuvellier, illustrations Charles Dutertre, éditions Gallimard Jeunesse

Clara est un bébé juif né pendant la guerre. Quelques mots qui annoncent la couleur...
La particularité de cette histoire est d’être composée de plusieurs textes qui donnent voix à différents narrateurs, créant ainsi une ambiance nouvelle, chaque histoire s’influençant d’une couleur unique, d’une langue qui n’est jamais la même, entre le ton radoteur d’une vieille dame, la parole espiègle d’une bonne soeur gourmande, l’argot paysan d’un bonhomme dans sa ferme, le babillage insensé d’une sorcière folle etc.
On commence l’histoire par une berceuse, il s’agit de la maman de Clara, elle se cache avec sa famille, grappille quelques heures de bonheur avant l’arrestation. L’enfant est sauvé in extremis, et de fil en aiguille le bébé dans son couffin sera confié entre de bonnes mains. Objectif commun : la protéger des griffes du Mal.
L’histoire rebondit sans cesse, le destin de Clara est sur la corde raide, mais chaque rencontre vaut son instant d’amour, de gloire, de tendresse, de détresse, d’incompréhension, de révolte... Le passage avec le soldat allemand, par exemple, est intéressant (et romanesque) puisque l’homme répète sans cesse « Je croyais pas que je venais faire la guerre à des enfants ». La boucle est bouclée lorsque les dernières notes de l’histoire retentissent sur la berceuse entendue au début...
Avec simplicité, Vincent Cuvellier parvient à nous raconter la guerre, l’injustice et l’ignominie. Pour cela, pas besoin de sortir les violons pour faire pleurer dans les chaumières, il suffit d’un sourire enchanteur et des yeux de bébé qui posent sur le monde un regard rempli d’inquiétude, de reproche et de colère. L’histoire se veut également drôle, et pleine d’espoir. Sans dévoiler la fin, elle nous offre un joli tableau de douceur et de silence. C’est une très belle histoire, un ouvrage qui salue la complicité entre Vincent Cuvellier et l’illustrateur Charles Dutertre, rappellez-vous de Lahttp://blogclarabel.canalblog.com/a...premièrehttp://blogclarabel.canalblog.com/a...foishttp://blogclarabel.canalblog.com/a...quehttp://blogclarabel.canalblog.com/a...jehttp://blogclarabel.canalblog.com/a...suishttp://blogclarabel.canalblog.com/a...née ... (avis de Clarabel)

Thèmes : la shoah, la guerre, la déportation, la mémoire

  • « Orphée et la morsure du serpent » Yvan Pommaux, éditions école des Loisirs

L’Orphée divin d’Yvan Pommaux

Laurence Bertels ,2009

Après ’Thésée, comment naissent les légendes’, voici ’Orphée et la morsure du serpent’. Une magnifique interprétation du mythe. On l’attendait depuis longtemps. Le voici arrivé, dans le sillage de Thésée, l’Orphée divin d’Yvan Pommaux. Limpide et contemporain, fluide et lumineux, souriant et tragique, il est à la hauteur des espérances. L’auteur illustrateur fait preuve de plus d’aisance encore dans son interprétation des mythes grecs. On retrouve avec un immense bonheur la patte de cet éternel étudiant, son amour pour une bande dessinée qu’il dote de contours particuliers et de grandes planches muettes colorées par Nicole, sa douce épouse depuis 25 ans.Soucieux du passé, des traces à laisser comme il l’a montré dans ’Avant la télé’ ou ’Véro en mai’, Yvan Pommaux se décide à remonter le cours du temps pour imprégner les enfants des mythes fondateurs de notre société.La force d’Yvan Pommaux se trouve aussi dans le procédé narratif choisi. La première page de ’Orphée et la morsure du serpent’ s’ouvre en effet sur une maison actuelle, théâtre d’une fête où se déroulent les noces d’un jeune couple. Le champagne coule à flots sur la terrasse et les rires vont bon train. Seul un garçon, vêtu d’un costume clair, paraît malheureux. Il est, à l’instar d’Aristée, secrètement amoureux de la mariée. Un peu ivre, il l’entraîne dans la danse, l’enlace et lui murmure des mots d’amour. Fâchée, elle s’échappe vers les lauriers et se fait mordre par une vipère. Le jeune homme est affolé. Une autre belle s’approche de lui et le rassure en décrétant que les morsures de vipères ne sont plus souvent mortelles ’Tu ne tappelles pas Aristée, et la mariée ne sappelle pas Eurydice ! . Et de lui raconter la légende de ces amoureux qui, le temps d’un fatidique instant, se sont crus plus puissants que les dieux. Rappelons-nous. Chanteur et poète irrésistible, Orphée n’a pu se résigner à l’injustice du sort qui lui a été réservé. Toutes les filles tombaient en pâmoison devant le beau garçon mais son destin était de n’en aimer qu’une, au risque de susciter la jalousie des autres. Irrésistiblement attiré par les yeux rieurs et améthyste d’Eurydice, il l’épouse sans deviner son noir destin. Eurydice, en effet, n’allait pas tarder à mourir. C’est qu’à l’époque, la durée de vie des mortels se trouvait dans les mains des Moires, les trois filles de la nuit qui, du fond de leurs grottes, tissaient les fils des humains. Parce qu’elles ont coupé son fil, Eurydice trébuche et marche sur un serpent qui mord son pied nu. Désespéré, Orphée convainc le passeur de le conduire aux enfers pour récupérer sa belle à condition de ne point se retourner. On connaît la suite. Pour Thésée comme pour Orphée, Yvan Pommaux livre ce qu’il appelle ’sa vision des thèmes mythologiques. Jadore les mettre au goût du jour. Je veille sérieusement à la mise en page. Pour ce genre de livre, je fais mes dessins à lencre et au crayon et ma femme les colorie à lordinateur’, nous explique l’auteur de ’L’Ile du Monstril’ et des célèbres Marion Duval. ’Jai choisi Thésée et Orphée car ce sont les deux histoires que je trouvais les plus passionnantes. Thésée nous parle du Minotaure, du labyrinthe et nous mène à la chute dIcare. Orphée est une histoire damour tragique. Son écho retentit particulièrement à une époque lon cherche léternelle jeunesse. On ne veut pas mourir. On ne peut pourtant pas y échapper. Orphée réussit presque à sauver Eurydice mais il finit par échouer.’ Thèmes : amour, mythologie

  • « Mon petit cœur imbécile » Xavier- Laurent Petit, éditions neuf école des Loisirs
Toudoum… Toudoum… Chaque matin, Sisanda commence par compter les battements de son coeur et le nombre de jours qu’elle a vécus depuis sa naissance.

Puis, elle regarde sa mère se glisser hors de la case pour aller courir dans les collines : Maswala, sa Mamantilope, cavale pour le plaisir pendant des heures, pieds nus, là où même les bergers ne vont pas avec leurs troupeaux.

Sisanda, elle, ne peut pas courir. Ni sauter, ni jouer avec les autres, ni rien, à cause de son petit coeur imbécile et de sa maladie idiote. Le médecin lui a dit qu’elle avait beaucoup de chance d’être encore en vie. Vraiment beaucoup. Ici, il ne peut rien faire, il faudrait opérer Sisanda dans un hôpital spécialisé à l’étranger. Et ça coûte cher… Un million de kels ! Elle a compté qu’il faudrait à ses parents trente-huit ans, trois mois et vingt jours pour réunir autant d’argent…

Mais tous ces calculs sont faussés lorsqu’elle découvre que Maswala pourrait gagner la même somme en courant aussi vite qu’une antilope… Un roman tendre, à l’écriture fluide. Le récit se déroule à travers les yeux de la jeune narratrice Sisanda. A travers elle, on sent l’inquiétude de sa mère mais aussi son amour pour sa fille net sa pugnacité à aller jusqu’au bout de son projet. (avis école des loisirs)

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Thèmes : maladie, handicap, amour, amitié, solidarité

  • {{}}« Aggie change de vie » Malika Ferdjoukh, éditions neuf école des Loisirs

L’avis de Ricochet

Aggie survit de larcins dans les rues boueuses du Londres victorien, en compagnie de son chien Mister Bones et du jeune Orin. Un détective privé remarque la ressemblance de sa chevelure rousse avec celle d’une jeune fille, de la bourgeoisie, Margaret, disparue quelques années plus tôt. Aggie tient sa chance d’échapper à la rue, d’avoir une nouvelle vie dans une vraie famille.
Malika Ferdjoukh a déjà écrit l’histoire de Minuit-Cinq, gamin abandonné de Prague à la recherche d’un destin plus clément : Aggie est sa sœur jumelle. Dynamique et débrouillarde, cette jeune fille à la langue bien pendue cache une sensibilité qui la fait certes parfois souffrir, mais qui va aussi lui assurer l’amour de sa fausse famille. Tracée comme d’un trait de plume, l’histoire souvent dialoguée ne subit aucun temps mort ni digression, œuvre efficace d’un auteur qui connaît son métier et sait ce qu’il veut dire. Les sentiments fusent sans hésitation, de même que les rebondissements réduits à l’essentiel. C’est alors très plaisant (voir les épisodes à la My Fair Lady avec Aggie la gouailleuse). Un petit roman de 94 pages bien séduisant qui n’est pas sans rappeler le magnifique film de George Cukor, My Fair Lady, avec cette petite héroïne qui essaie tant bien que mal d’adopter l’attitude d’une ’Milady’ pour tromper sa famille ’adoptive’. Et quelle intrigue menée avec efficacité ! Pas le temps de s’ennuyer : les pages défilent à toute allure, croyez-moi ! Aggie, devenue Margaret, va-t-elle se faire démasquer par cette famille chaleureuse à laquelle elle s’attache dès les premiers instants ? Car les embûches vont malheureusement s’accumuler... En somme, un roman bien plaisant et très captivant !Thèmes : misère, pauvreté, Londres, famille(Ricochet, les lectures de Marie)

  • « Lettres à plumes et à poils » Philippe Lechermeier, Delphine Perret, éditions Thierry Magnier

Cinq lettres, en réalité davantage, cinq correspondances à sens unique ou presque du renard à la poule, de la fourmi à sa reine, du cochon d’Inde au bureau de l’Académie des lettres, de l’escargot à la limace et du corbeau au poulet.
Imaginez le renard en train d’essayer de convaincre la poule, je cite « je ne suis évidemment pas sans savoir que les relations entre les gens de votre espèce et de la mienne ont été depuis des siècles émaillées par de nombreux « incidents »… »… donc de convaincre la poule qu’il est fou amoureux de sa fille et qu’il veut l’épouser. Un summum de mauvaise foi et de filouterie : du grand art.
La fourmi quand à elle s’adresse à la reine avec son bagou, sa gouaille de numéro 3450… du fin fond de la galerie 18 pour poser quelques réclamations bien senties et finir par se faire la belle et rencontrer une cigale dont elle fera son amie.
Le cochon d’Inde, lui, vous donnera un aperçu des ennuis qui pourraient vous arriver si d’aventure il vous prenait l’envie de contrarier la bestiole, tenace, mordante et au final capable de toutes les bassesses pour arriver à ses fins : mais que feriez vous si on vous avait affublé d’un patronyme aussi ridicule ?
L’escargot en pince lui pour la limace, à vrai dire il est fou, raide dingue de la belle et il le lui fait savoir… mais l’amour n’est pas toujours réciproque et notre escargot va en faire les frais !
Au final le corbeau avant de … écrit sans cesse aux poulets pour dénoncer la tenue déplorable d’un tel, la débauche d’une telle, et de râler, de se plaindre, de dénoncer avant de finir en cabane avec des compagnons particuliers : ceux qu’il a balancé ! Cinq correspondances drôles , corrosives, pleines de références, de tendresse aussi, on sent que l’auteur aime ses bestioles même s’il est parfois vachard avec elles ou qu’il leur prête des envies, des propos et des attitudes infernales.
Le plus, parce qu’il y en a un et oui, ce sont les illustrations de Delphine Perret, tout en légèreté, lumineuses et drôles, faisant ressortir ça et là la cruauté et la drôlerie du texte. Les couleurs acidulées ajoutent de la lumière et de la vie aux illustrations. A découvrir absolument, c’est drôle, frais et irrésistible ! (Les sandales d’Empédocle librairie jeunesse)Thèmes : humour, manipulation, communication

http://www.altersexualite.com/spip.... L’avis de RicochetIrène et ses parents se lient d’amitié avec Milo, vieil homme rieur qui parle si bien de l’Egypte, son pays d’origine.Suite à un accident, Milo perd l’envie de vivre:il voudrait retrouver un ami proche, qu’il n’a pas vu depuis des années. Irène et son père partent donc en Egypte à la recherche d’un dénommé Samir. Ils finissent par le retrouver et découvrent ainsi le secret de Milo.Les romans d’Eglal Errera explosent de sentiments d’amitié, de solidarité : une générosité pas toujours vraisemblable, mais qui fait chaud au cœur. La solide petite narratrice Irène n’ a aucun doute sur l’amour qu’elle reçoit et qu’elle donne , c’est donc avec un certain aplomb qu’elle raconte son histoire. S’adressant volontiers directement au lecteur, elle use de mots simples pour parler de la maladie de Milo puis de la recherche de Samir, jusqu’à la révélation du lien qui unit les deux hommes. Et parce qu’elle a été élevée dans la tolérance et la compréhension de l’autre, Irène n’a aucun mal à admettre l’homosexualité ou la bisexualité. Un exemple à suivre, un roman à faire lire aux enfants comme aux parents… Les illustrations en formes géométriques, aux arêtes dures, s’accordent à l’idée d’un monde pur et rappellent avec à propos les fresques égyptiennes. Julia Wauters a réalisé les illustrations avec des profils de personnages en noir et blanc qui évoquent l’Egypte antique et procurent au lecteur l’impression vivante, presque tactile, qu’il participe lui-même à la recherche des vérités qui se cachent derrière le rire de Milo. Ce court roman aborde sensiblement et respectueusement quelques façons d’aimer et balaie les préjugés les concernant.Thèmes : amitié, amour, homosexualité, secret

Bonne lectureLes livres sont exposés dans les bibliothèques Doisneau et Rabelais si vous souhaitez les consulter.Florence Breuneval, CPC, Gennevilliers

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